"With crystal-clear eloquence, Hammond captures the shimmering beauty of a complex yet devilishly seductive score" — Thomas Deschamps
"He pays gold so I'll do it." En juillet 1941, la commande que passe Paul Wittgenstein à Britten tombe à pic. Alors expatrié aux Etats-Unis et désargenté, le compositeur s'empresse d'écrire une partition concertante pour le célèbre manchot autrichien.
Sans jeter un œil sue le modèle adressé (Variations concertantes de Franz Schmidt), Britten qui est également un excellent pianiste s'amuse à dresser un panorama des possibilités techniques de la main gauche. En onze variations, ses Diversions (rév. 1954) procèdent par associations et changements d'humeur. Clare Hammond et George Vass s'en saisissent avec naturel et une technique étincelante renforcée par une prise de son superbement analytique. Sans remonter au charme entêtant de Katchen avec le compositeur (Decca, 1954), d'autres soloistes ont su se montrer plus personnels dans la Romance, et d'autres chefs plus sensibles à l'écriture sérielle de l'Arabesque - tels Donohoe et Rattle (Warner, 1990).
La pianist londonienne propose également son interprétation du concerto pour piano (1953-1955) de Tippett, lequel a instamment cherché à retrouver les impressions poétiques ressenties pendant un concert où le grand Gieseking jouait le Concerto no 4 de Beethoven. D'une éloquence limpide, Hammond rend le chatoyant d'une partition complexe mais diablement séductrice, sans toutefois atteindre la subtilité poétique et le mordant d'Osborne avec Gardner (LPO, 2023).C'est dans la très rare Sinfonia Concertante (1927, rév. 1943) de Walton que le jeu brillant et chaleureux de Hammond trouve sa meilleure expression. Elle intègre avec goût sa partie de piano obligé au sein s'un orchestre dont Vass canalise les saillies avec esprit.